Petit traité sur le destin et le voyage

Mon court voyage dans la médina marocaine de Fès m’a donné l’occasion de penser certaines choses, réflexions que j’aimerais ici tenter de vous transmettre. Cette articulation aura pour ambition de métaphoriser la question de la cure analytique d’un sujet névrosé et ses embûches ; mais également, je l’espère, vous faire d’autres échos tout au long de ce dédale de mots.

Fès est une ville marocaine situé dans les terres, c’est une ancienne ville royale. Sa médina comporte pas moins de 9000 ruelles pour 2,8km2. Pour comparaison, Monaco fait 2km2 et ne comporte pas plus de 120 rue et ruelles. Ce foisonnement en ferait probablement la ville historique la plus dense au monde. De plus, la largeur des ruelles ne permettant pas aux voitures d’y passer, elles y sont strictement interdites. Chacun et chacune est tenu de se rendre à sa destination à pied à partir de plusieurs « portes » qui permettent l’accès au cœur de la médina. Ainsi, police, pompier et ambulance n’y entrent qu’en raison d’urgence : par moto puis à pied quand les rues ne permettent plus leurs passages. En outre, il est extrêmement difficile de s’y repérer du fait de sa structure urbaine. La médina a été construite en 789 et s’étend depuis de manière constante, quartier après quartier, sans plan, ni grille : aucune symétrie donc, des rues menant à des culs de sacs, d’autres plus longues, sinueuse et sans fin… Pour ne pas arranger l’affaire, beaucoup de rues ne disposent pas de noms et la couverture réseau est mauvaise, empêchant ainsi de se repérer par géolocalisation. Kierkegaard note en 1844, « l’angoisse est le vertige de la liberté[1] ». Comment se repérer dans un tel dédale, dans cette multitude de chemin disponible ? Si Thésée utilise le fil d’Arianne pour ne pas se perdre dans le labyrinthe, les habitants, à Fès, utilise les monuments comme repères, comme « points de capitons ». Il y a par exemple les mosquées dont les minarets surplombent la médina, ou encore les fontaines, les commerces. Pour le touriste que j’étais, seul fil d’Ariane sécurisant : l’artère principal, la grande route reliant les 2 portes principales de la médina. Pour vous, 4 points de capitons pour suivre ce texte : le destin, le besoin, la demande et le désir, les tours-dits.